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Question :

Ados démotivés qui n’étudient plus. Couples au bord de la crise de nerfs. Manque de contacts sociaux. Baisses de salaires, clients qui s’évanouissent comme la rosée au petit matin et surdoses de conférences sur Zoom. C’est dans ce contexte qu’on nous demande – et qu’il est parfois même nécessaire pour la survie de notre entreprise – de demeurer innovants, imaginatifs, inventifs.

 

Dans cette dernière infolettre d’une série de trois, nous demandons encore à une pro : comment demeurer créatif en temps de crise, quand tout conspire contre notre imagination?


Réponse:

 

Hélène Godin est chef de la création et cofondatrice de la Factry, une école de la science de la créativité où on apprend comment trouver des solutions en étant plus innovant, en collaborant mieux. Provenant de tous les secteurs, sa clientèle du milieu des affaires est très diversifiée.

«En ce moment, dit-elle, tout le monde se réinvente. La créativité au sens large est donc sollicitée. Mais pour l’être, on doit se demander : qu’est-ce que l’état créatif? Et comment le faire survenir?

 

«D’abord, disons-le, pour accéder à l’état créatif, ça prend un certain nombre de conditions. Il nous faut un environnement sécuritaire : de la nourriture, un toit sur nos têtes… Ce n’est pas le cas de tout le monde.

 

«Mais même pour ceux qui jouissent de cette sécurité, ce n’est pas gagné. Pour ma part, au début du confinement, j’ai mis beaucoup de temps à adapter mes journées pour pouvoir travailler et faire fonctionner la Factry. Il a fallu qu’on se relève les manches, qu’on change nos manières de faire. Chez nous comme ailleurs, les travailleurs se sont soudainement retrouvés seuls chez eux.

 

«Étonnamment, je me suis retrouvée avec un horaire passablement chargé. Mon calendrier était “overbooked”. Et l’affaire, c’est que la créativité a besoin de place, de liberté, de temps. Mais je n’en avais plus. Mon agenda était un mur de Zoom, de courriels et d’appels téléphoniques.

 

«J’ai donc aménagé mes journées différemment pour avoir de l’espace, être créative. En temps de crise, l’important, c’est de retrouver ses bases, et de s’adapter.

 

«On ne peut pas mettre la créativité à l’agenda. Il faut se laisser des moments libres, sans but précis, car c’est là qu’on parvient à relier les points et à trouver les idées qu’on cherche.

 

«Pour moi, ces moments sont ceux où je fais du sport. Quand je fais du vélo ou que je monte une montagne, je place les choses dans ma tête; ma journée – et souvent la suivante – devient plus claire, mieux structurée.»

 

Pas besoin d’une réunion, donc, pour être créatif. Ça prend de l’espace.

 

Pour Hélène Godin, l’aventure au coin de la rue constitue aussi un excellent vecteur de l’imaginaire. Plutôt que ses itinéraires habituels et commerces de prédilection, elle change ses parcours et fait ses courses dans de petites épiceries de quartier qu’elle ne connaissait pas. «Je voyage un peu chez moi, ça me stimule.»

 

Encore là, il s’agit d’une affaire de temps. Qu’on se donne. Mais aussi que nos patrons nous accordent.

 

Les employeurs doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas «surbooker» leurs employés de tâches et leur demander en même temps d’être créatifs. Il faut leur laisser de l’air. Quand la «to do» s’allonge constamment, on n’a pas le loisir de penser librement.

 

Enfin, ce temps libre doit être passé seul. C’est un important défi dans les circonstances actuelles. Mais il est primordial de réfléchir pour soi avant de partager nos idées avec les autres.

 

On peut aussi inviter des «cerveaux» de l’extérieur, suggère l’experte en créativité, afin de stimuler le nôtre. «Quelqu’un qui vient cocréer avec vous dans vos rencontres, c’est très stimulant et ça amène de nouvelles idées.»

 

Donc, si on résume :

 

  • Il faut se donner du temps pour créer
  • Il faut que les employeurs comprennent cette nécessité
  • Il faut se trouver des occasions de surprises, de découvertes
  • Il faut avoir des moments de solitude pour mieux réfléchir

 

«Nos métiers vont changer, souligne Hélène Godin. Nos façons d’acheter, d’étudier, de socialiser aussi. Nous allons devoir nous réinventer, et forcément il va falloir se donner le temps d’y réfléchir.»


 

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Question :

Les témoignages en matière de panne créative abondent depuis le début de la pandémie. À jouer au prof, au parent et au professionnel tout à la fois, on s’essouffle, forcément. Dans le deuxième de cette série de trois textes qui abordent le sujet, nous tentons de répondre à une question qui en travaille plus d’un.e parmi vous :

 

Comment fait-on pour demeurer créatif en ces temps bien étranges?


Réponse:

 

 

Pierre-Yves Lord y parvient. Producteur, animateur, il s’amuse depuis son sous-sol lors de séances de DJing qu’il diffuse sur Instagram et anime pour TV5 une série télévisuelle où il discute de la situation actuelle, ailleurs dans le monde, avec des expatriés canadiens.

Il nous dévoile ses trucs, et nous explique comment il tente de tirer profit de chaque situation.

 

«J’ai tout le temps des idées. Plein. Mais dans le flux de la vie normale, j’ai de la difficulté à les asseoir. J’ai des tiroirs remplis de carnets, d’idées de films, de livres. J’ai pris quelques projets là-dedans et j’essaie de les mener à terme.

 

Je m’oblige à faire les choses. Par exemple, mes séances de DJing en direct sur Instagram : ça faisait longtemps que je voulais travailler le côté performatif, la technique. Je voulais m’améliorer. En donnant rendez-vous aux gens en ligne, ça m’oblige à le faire, et surtout à donner le meilleur de moi-même. Je me mets carrément en danger. Tout seul dans mon sous-sol, je ne me sentirais pas au bord du précipice comme en ce moment. Je ne le ferais peut-être même pas. Là, je m’y suis contraint.

 

C’est sûr qu’avec les enfants, la concentration est parfois difficile. Il y a des journées où ça se passe mieux que d’autres. Et puis, quand je suis concentré à travailler sur l’ordi, je culpabilise parce que je sais qu’ils en profitent pour se scotcher aux écrans et vider le sac de chips. Donc, le plus possible, j’essaie de les inclure dans ce que je fais. Avec la musique, c’est plus facile. Ce qu’ils prennent pour une séance de danse collective est en fait de la recherche pour moi.

 

L’autre chose qui fait une différence, c’est l’endroit où je travaille.

 

Il y a environ un an, j’ai lu Creative Quest, de Questlove [NDLR : l’extraordinaire batteur du groupe The Roots] et ça a mis du gaz sur la flamme de ma créativité. Ça m’a mis dans un mood d’amour de l’art, d’œuvres belles et inspirantes. Dans la foulée, j’ai aménagé mon espace pour m’entourer de choses dont la vue me stimule. Des objets (des livres, des bibelots, parfois c’est aussi niaiseux que de la vaisselle que je trouve belle) qui forment un petit musée, et qui me donnent envie de me retrouver là.

 

Même chose dans mon studio : j’ai arrangé l’éclairage pour avoir l’impression d’être dans un lounge, que ce soit invitant, agréable, vivifiant.

 

Je travaille mon environnement pour qu’il me donne envie de créer.»


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Question :

Demeurer créatif en temps de crise est problématique.

 

Notre imaginaire est pris d’assaut, sans cesse bridé par une réalité qui dépasse la fiction, l’obligation de travailler dans un contexte inédit ou simplement inapproprié, et parfois avec des enfants (ce qui nécessite de jouer les rôles de travailleur, de parent et de professeur en même temps). Ajoutons au lot des préoccupations débilitantes les contrecoups financiers et relationnels, ainsi que l’incertitude générale qui plane et génère un stress incompatible avec la création.

 

Dans cette série de trois infolettres, nous avons donc demandé à un auteur (Samuel Archibald), un producteur et animateur (Pierre-Yves Lord) et la cofondatrice d’une école de créativité (Hélène Godin, de la Factry) :


Réponse:

 

Samuel Archibald est auteur. On lui doit entre autres le recueil de nouvelles Arvida (Prix des libraires 2012), l’excellent essai Le sel de la terre, et il coécrit la websérie d’épouvante Terreur 404. Dans une récente entrevue, il disait travailler, en ce moment, à plusieurs projets en même temps. Ce qui nous a surpris, vu le contexte. Alors nous lui avons demandé : comment fait-il?

«Je travaille beaucoup à la maison, je suis anxieux et j’ai un déficit d’attention : les défis du confinement ressemblent beaucoup à ceux de mon quotidien. Donc pour une fois, ce qui est habituellement une faiblesse chez moi devient une force. Je suis habitué à “dealer” avec ces éléments-là et j’ai développé des trucs, des règles.

 

1 – Le pyjama est ton ennemi. C’est un réflexe de travailleur autonome autant que de gars de bois : je me lève pis je m’habille. Si tu veux être capable de visualiser ta maison/ton appartement comme un espace de travail, promène-toi pas en robe de chambre dedans. Je ne dis pas que je suis en chemise tous les jours, mais je pense que c’est vraiment une mauvaise idée de se laisser emporter dans le Fifty Shades of Mou.

 

2 – Il faut confiner le travail à l’intérieur du confinement. Moi, je suis en garde partagée, donc j’essaye d’être le plus possible en mode Mary Poppins quand les enfants sont là (jouer, cuisiner, torcher), de façon à ce que l’appart soit pas mal tip top quand ils s’en vont et que je n’aie pas à obséder sur le ménage pendant que j’ai l’espace à moi. Si je ne pouvais pas faire ça, je m’arrangerais pour avoir un espace fermé dans la maison, à l’abri du reste (et surtout un lieu duquel je ne pourrais pas voir la pile de lavage).

 

3 – Protège ta bulle. C’est probablement le plus important. Pour moi, la créativité est beaucoup tributaire de comment je me sens, de mon mood et de ma concentration. Alors quand je suis “dedans”, je m’arrange pour le rester le plus longtemps possible. C’est comme prendre son erre d’aller quand tu as une longue route à faire : n’arrête surtout pas! Ni pour aller aux toilettes ni pour téléphoner. Mange du take-out, oublie l’heure qu’il est et ce que tu pourrais avoir à faire d’autre, pis pèse su’l’gaz, calvaire! T’arrêteras quand tu seras rendu.»


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Question :

Le monde du travail traverse présentement une période très difficile. Avec la mise en pause d’une bonne partie de l’économie pour plusieurs semaines, les impacts humains, économiques et sociaux risquent d’être astronomiques. Malgré que la crise actuelle soit d’une ampleur jamais vue, quelles devraient être les priorités des dirigeants et chefs d’entreprise afin d’en minimiser les répercussions sur leur organisation?

 

Réponse de :

Sylvain Caya, CPA, CA, Coach en entreprises et fondateur d’Action SCE

 


Réponse:

 

Sylvain Caya, CPA, CAIl y a selon moi quatre aspects à prendre en compte pour essayer d’amoindrir les impacts négatifs d’une crise comme celle que nous connaissons. Évidemment, la réalité n’est pas la même pour toutes les organisations : plusieurs ont dû (ou devront) prendre des décisions déchirantes, et certains secteurs d’activité sont carrément à l’arrêt. Néanmoins, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprise ont quelques leviers qu’ils peuvent utiliser pour traverser le tumulte.

 

Le bon état d’esprit

Le premier volet à considérer, selon moi, c’est l’état d’esprit. Les chefs d’entreprise et les dirigeants ne sont pas différents du reste de la population, en ce sens qu’ils vivent les mêmes émotions, les mêmes incertitudes. Ils doivent eux aussi absorber le choc provoqué par la pandémie, mais rapidement se retrousser les manches afin d’affronter la situation.

 

Ce sont des bâtisseurs qui, en général, n’en sont pas à leurs premières embûches dans le monde des affaires. Prendre le temps de se recentrer sur leurs objectifs et les raisons qui ont motivé leur choix de carrière peut s’avérer une bonne manière de se mettre dans le bon état d’esprit.

Le bon état d’esprit, c’est aussi savoir adopter un ton empathique, se montrer ouvert et faire preuve de flexibilité, de réactivité et de compréhension en ces temps inédits.

 

L’argent, le nerf de la guerre

Ensuite, il faut évidemment voir aux finances de l’entreprise. L’argent est l’oxygène des organisations et il faut rapidement faire un état des lieux et trouver des solutions si nécessaire. Certains termes peuvent-ils être renégociés avec les fournisseurs de l’entreprise? Les prêteurs acceptent-ils de renégocier les conditions de financement, de baisser les taux d’intérêt ou de prolonger le délai de remboursement du capital? Qu’en est-il du bail commercial? Il n’y a pas de petites économies en période de crise.

De plus, une panoplie de mesures gouvernementales sont mises en place pour venir en aide aux entreprises. La vôtre se qualifie-t-elle pour les programmes d’aide et les prêts d’urgence?

 

Le capital humain

Nous sommes passés d’un contexte de pénurie de main-d’œuvre à celui d’un taux de chômage record en l’espace de quelques semaines, certes, mais le secteur des ressources humaines demeurera un enjeu stratégique pour les organisations dans les années à venir. Il ne faut pas négliger les aspects de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre. Pourquoi ne pas profiter des programmes de formation subventionnés à 100 % (incluant le salaire des travailleurs en formation) pour parfaire les compétences des employés?

 

Stratégie à revoir

Finalement, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprise devraient tous prendre un peu de recul et réfléchir à leur stratégie d’affaires. Ces dernières semaines, nous avons tous vu d’admirables exemples d’organisations qui ont adapté leur modèle d’affaires en un temps record. Toutes les entreprises n’ont pas la possibilité d’effectuer rapidement ce genre de transition, mais elles peuvent toutes se questionner : Est-ce que la réalité du marché actuel offre de nouvelles opportunités ou nécessite de revoir notre modèle d’affaires? Pouvons-nous adapter notre stratégie d’affaires de manière à assurer une sortie de crise plus douce? Voilà des interrogations pertinentes en cette période chaotique.

 

Pour continuer la conversation avec Sylvain : [email protected] / 418 573-1604 / LinkedIn


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Question :

Les temps sont durs pour de nombreuses PME, TPE et TTPE. Plusieurs ont dû prendre de difficiles décisions. L’assurance-emploi a enregistré un nombre record de demandes de prestations dans les dernières semaines, et ce n’est malheureusement pas terminé.

 

En ce moment de crise, comme dans la vie ordinaire, y a-t-il une bonne façon d’annoncer à un employé qu’il est mis à pied? Et que dire à ceux qui restent?

 

Réponse de : Vincent Mazrou, fondateur d’Attribu, Créateur de marque employeur humaine

Marketing RH l Expérience employé & candidat l formation et conférence


Réponse:

C’est une question complexe à laquelle je m’intéresse depuis quelque temps déjà, mais plus intensément depuis la crise. Perdre son emploi, c’est souvent une des pires choses qui peuvent arriver à quelqu’un. Et en même temps, devoir apprendre à un employé qu’on ne peut pas le garder, c’est aussi une des pires annonces qu’un employeur aura à faire dans sa vie.

 

D’un côté, l’employeur veut protéger son entreprise, et dans bien des cas c’est une question de survie. De l’autre, l’employé se retrouve dans une situation précaire, c’est insécurisant, le stress financier est réel et ça peut être un coup dur pour l’estime de soi, voire pour l’identité, dans un monde où notre identité se construit encore beaucoup par le travail.

 

On peut penser que dans le contexte actuel, qui est très particulier, les employés vont comprendre, mais ça reste deux perspectives difficiles à réconcilier. Et ce n’est pas parce que nous sommes en temps de crise que les employeurs peuvent se permettre de prendre des raccourcis pour faire ces annonces ardues. Il n’y a peut-être pas UNE «bonne méthode», mais il y a certainement de meilleures façons de faire. Car au-delà des lois, il y a la morale et le bon jugement.

 

Premièrement, il faut toujours revenir à l’identité de l’entreprise, à la base, au why. «Pourquoi je fais ce que je fais?» et «Comment je le fais?». Revenir au système de valeurs qui portent l’entreprise, ça sert de guide. Ça aide à ce que nos actions soient cohérentes avec ce qu’on est. Ça montre comment agir de façon authentique, avec crédibilité. Et ça devient donc la bonne méthode.

 

Ensuite, au moment de l’annonce, voici quelques bonnes pratiques :

 

  1. Prenez le temps, tout le temps qu’il faut. Ne remplissez pas votre agenda de rendez-vous.
  2. Évidemment, si vous avez plus d’une personne à mettre à pied, elles doivent être rencontrées une à la fois.
  3. Optez pour un message clair. Assurez-vous qu’il soit bien compris. Clarifiez toutes les incertitudes et répondez à toutes les questions. Si vous ne connaissez pas la réponse, soyez franc, honnête : dites-le. Ensuite, donnez-vous un laps de temps réaliste pour revenir avec la réponse.
  4. Ne faites pas de rétention d’information. C’est plutôt le moment d’être plus transparent que la transparence elle-même. Vous devez être crédible.
  5. Montrez-vous disponible et ouvert à l’échange et aux préoccupations. Ne tentez pas de tout contrôler dans la conversation.
  6. Comprenez que votre employé doit accueillir la nouvelle. Adoptez une approche sans jugement et humaine. Démontrez de l’empathie et soyez complètement dévoué au moment. Surtout, rappelez-vous tout ce que votre entreprise doit à cette personne.
  7. Le succès d’une entreprise repose toujours sur le talent humain de ceux qui y travaillent. Il faut s’en souvenir et reconnaître l’effort de nos gens à sa juste valeur. Démontrez-le par des actions concrètes.

 

Maintenant, pour ceux qui restent :

 

  1. Ici aussi, votre message doit être clair et honnête. Et vous devez être transparent afin de minimiser les incertitudes.
  2. En particulier dans le contexte actuel, assurez-vous de prévoir régulièrement des moments seul à seul avec chacun des membres de votre équipe (ça se fait très bien en appel vidéo). Des moments pour demander «comment ça va?», au-delà du travail, et où vous vous préoccupez réellement de la réponse.
  3. Ensuite, l’occasion est idéale pour revoir vos façons de faire, rebâtir votre culture d’entreprise, faire un reset. Le momentum est parfait pour vous recadrer en engageant l’équipe dans l’exercice.
  4. Ensemble, c’est le temps de vous poser de grandes questions :
    1. Qu’est-ce qu’on veut garder?
    2. Qu’est-ce qu’on veut faire différemment?
    3. Qu’est-ce qu’on veut abolir? Qu’est-ce qu’on veut instaurer?
    4. Quelles sont les attentes et les priorités de vos employés?
  5. Ce peut être le moment parfait pour former un comité d’idéation. Il aurait pour vocation de réfléchir à l’après-COVID-19 et à tout ce que vous repoussez à demain. Par exemple : améliorer un processus d’affaires ou une façon de faire qui fait défaut depuis un certain temps, ou encore songer au nouveau produit ou service que vous pourriez offrir à vos clients. Mettez à profit l’extraordinaire potentiel de votre équipe en misant sur les forces de chacun et en les valorisant. Plein d’idées ressortent de l’intelligence collective et c’est un excellent moyen de renforcer le sentiment d’appartenance et de (re)donner du sens à ces moments difficiles.

 

Dans tous les cas, vous souvenir que les humains sont la raison pour laquelle votre entreprise existe, les placer au centre de vos décisions et leur donner toute la place et la confiance qu’ils méritent, ce sera toujours gagnant.

 

Pour continuer la conversation avec Vincent : 514 927-0709 I [email protected] I www.attribu.ca I LinkedIn


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Question de: Tout le monde qui est présentement en mode télétravail et confinement 

En pause pour au moins trois semaines, le Québec vit une situation sans précédent. Dans le contexte de crise actuel, qui peut être stressant, voire anxiogène, comment arriver à travailler, à se concentrer et à motiver les troupes à distance?

 

Nous en avons parlé avec Marie-Anne Bougie, conseillère d’orientation organisationnelle, psychothérapeute à la Clinique de psychologie multiservices de Trois-Rivières et membre fondatrice de Gestion-Psychologie-Santé inc.


Réponse

 

Il est vrai que ce qu’on vit présentement, pour plusieurs, rassemble les trois ingrédients du stress post-traumatique :

  1. L’événement est soudain, on ne l’a pas vu venir, on ne l’a pas prévu
  2. L’événement est intense émotionnellement et négativement
  3. L’événement est hors de contrôle, il nous est imposé, nous n’avons pas de pouvoir dessus

 

Ces trois ingrédients combinés peuvent engendrer un stress aigu qui, s’il se prolonge, risque de devenir un trouble du stress post-traumatique, puis chronique. Donc, c’est important de s’en rendre compte et d’agir où on peut pour ne pas se rendre jusque-là.

 

Comment? En s’adaptant.

 

D’abord, il faut se ramener à la situation présente, au ici et maintenant. Ici au Québec – soit dit sans minimiser la crise ni diminuer le drame que vivent plusieurs –, nous sommes chanceux. La situation est circonstancielle et elle est bien gérée, nous sommes bien encadrés.

 

Ensuite, on agit là où on a du pouvoir.

 

À la maison, ça peut être en instaurant une routine adaptée à notre réalité. On pourrait décider de ne pas planifier nos téléconférences importantes à l’heure où les enfants ont leur pic d’agitation et consacrer ce moment à l’exercice, par exemple.

 

Donc, les mots-clés : acceptation, adaptation et flexibilité.

Un autre aspect sur lequel on a du pouvoir, c’est notre attitude face à la situation. Non, le confinement, ce n’est pas banal. Mais on peut se rappeler qu’il a un sens, que ce qu’on fait, c’est pour le bien de tous, que chaque effort individuel a une répercussion collective. Et donc que c’est important.

 

Ainsi, on peut décider sciemment de rester à la maison, décider qu’on accepte la situation et qu’on participe volontiers à cet effort collectif. Ensuite, comme on le mentionnait précédemment, on adapte notre environnement à la maison pour qu’il soit le plus agréable possible dans les circonstances.

 

Autre point important : on s’accorde des plages horaires de médias et de médias sociaux pour se tenir renseigné, mais on évite la surexposition, qui peut très rapidement devenir anxiogène.

 

L’idée est de se recréer un équilibre.

 

Pour les employeurs

C’est le temps de faire preuve de créativité et d’empathie en adoptant un mode de gestion flexible, conciliant, plus dans la durabilité et le long terme, moins dans le contrôle.

 

Prenez le temps de prendre soin de votre équipe, mettez-y de l’énergie. D’autant que c’est une période qui appelle les remises en question. En plus, on a du temps pour réfléchir. Vos employés se souviendront de la façon dont vous avez pris soin d’eux.

 

Pour maintenir un lien fort et faire vos suivis, ce sera important, encore une fois, de trouver une façon qui vous convient et qui vous ressemble. C’est le moment d’être inventif, d’innover!

 

Par exemple, certains organisent des 5 à 7 hebdomadaires via des plateformes de téléprésence, afin d’entretenir la motivation et d’encourager leur équipe. Certains d’entre eux ont même fait parvenir à tous les employés des verres à l’effigie de la compagnie.

 

Quoi qu’il en soit, la situation actuelle a ceci de bon qu’elle place l’humain au centre des priorités. Cette période risque d’entraîner de grands changements dans les mentalités et les façons de faire, et ce sera certainement pour le mieux, une fois la crise derrière nous.

 

Par contre, SI, EN CE MOMENT, vous avez besoin d’aide

 

Plusieurs ressources existent, n’hésitez pas à vous tourner vers celles qui vous conviennent :

 


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Question de David Desjardins, apprenti patron à la flèche :

J’ai entendu dans un balado sur le monde du travail que la méthode du sandwich (un compliment, une critique, un compliment) n’est pas efficace lorsqu’on a une «critique constructive» à transmettre à un.e employé.e. Quelle est la meilleure manière de faire?


Réponse d’Émilie Bélanger, psychologue organisationnelle et cofondatrice de la firme Eklo :

 

Bonjour David,

C’est une question qui nous intéresse beaucoup chez Eklo, et c’est vrai que la méthode du sandwich, encore très répandue, n’est pas efficace. Les recherches en neurosciences nous permettent maintenant de comprendre que ce type de rétroaction traditionnel a plutôt tendance à faire empirer la situation plutôt que de favoriser l’apprentissage et le développement de compétences.

 

Toute critique enclenche un mode automatique de survie dans le cerveau. Une zone qui sert à scanner notre environnement externe et interne s’anime pour s’assurer qu’il n’y a pas une potentielle menace à notre intégrité physique et psychologique. Cette même zone enclenche des réflexes de type «fight or flight» (combattre ou fuir) face à une situation de danger.

 

Pour se protéger face à cette «menace», le cerveau :

  • augmente le niveau de cortisol (stress)
  • inhibe le cortex préfrontal, qui nous permet généralement de demeurer rationnel, ce qui nuit à l’apprentissage, qui est le principal but de la rétroaction
  • crée une interprétation de «douleur sociale» (voir plus loin)
  • peut faire émerger un sentiment de honte

 

Bref, la personne qui reçoit la rétroaction ne nous écoute plus vraiment. Elle va chercher à se justifier (combattre) ou encore à se renfermer ou à minimiser (fuir) afin de protéger son sentiment de compétence.

 

Fait intéressant : donner de la rétroaction peut aussi enclencher les mêmes mécanismes de survie et de menace. Donc, personne n’est vraiment à l’aise dans cette conversation.

 

La douleur sociale fait mal longtemps. La rétroaction, la critique, les mots tels que «je vais te “challenger”» viennent atteindre directement le statut d’une personne, son identité, son ego, d’où la perception de menace. Des recherches en neurosciences ont démontré que cela active des circuits de souffrance physique dans le cerveau. Se sentir rejeté, inadéquat, à côté des attentes est perçu comme une douleur, au même titre que si on se cogne un orteil sur le coin d’une table. Le problème est que la douleur sociale demeure vive beaucoup plus longtemps pour le cerveau que l’orteil cogné. Vous vous souvenez sûrement très bien du dernier commentaire «constructif» que vous avez reçu au travail. Est-ce que vous vous rappelez la dernière fois où vous vous êtes cogné l’orteil? Sans doute pas. À moins que ce soit ce matin, bien sûr.

 

Alors que fait-on?

Premier élément : La qualité du dialogue est beaucoup plus importante que la quantité de rétroaction qu’on donne. Le mot d’ordre au travail est la bienveillance. Quand on donne de la rétroaction, on doit permettre au cerveau de la personne devant nous d’être dans un état de sécurité psychologique et de confiance. Alors l’empathie, la compassion et le respect de l’autre sont des variables importantes de l’équation.

 

L’attitude, le ton de la voix, l’intention font une grande différence. Il faut prendre soin de l’autre dans la conversation parce que cela :

  • augmente la production de dopamine, qui favorise l’apprentissage et le sentiment de reconnaissance, de plaisir
  • active le striatum et les zones responsables de l’apprentissage dans le cerveau, ce qu’on souhaite lors d’une rétroaction

 

Deuxième élément : Mon préféré. Faire appel à l’intelligence de l’autre, avec bienveillance, toujours.

 

Concrètement, ce que ça signifie? Plutôt que de dire : «Je ne suis pas certaine que j’aurais écrit ça comme ça», on peut plutôt demander : «Qu’est-ce qui t’a amené.e à écrire ça de cette façon?» Pour limiter l’effet de menace, il faut d’abord et avant tout s’intéresser à ce qui s’est passé pour la personne elle-même, vouloir comprendre sa propre perception des choses. Cela nous permet de voir où elle se situe. Je recommande souvent une conversation qui suit, grosso modo, les étapes suivantes :

 

  • Retour sur la situation : «Comment s’est passée la rédaction du rapport pour toi?»
  • Permettre à la personne d’amener elle-même les points positifs : «Qu’est-ce qui a bien été? De quoi es-tu le plus content.e?»
  • Permettre à la personne de réfléchir elle-même sur les points d’amélioration : «Qu’est-ce que tu aurais aimé écrire autrement? Faire autrement?»

 

Le point 3 est crucial. Il permet de voir où se situe la personne. Soit elle vous ouvre la porte bien grande, soit elle ne voit pas l’opportunité de s’améliorer. Si la personne parle elle-même du point que vous souhaitiez aborder avec elle, c’est l’occasion pour vous de poursuivre l’échange. Si elle ne l’aborde pas, vous pouvez alors passer au point 4 :

 

  • Cogner poliment avant d’offrir une rétroaction. Avant d’entrer chez quelqu’un, on cogne. C’est la même chose ici. «J’ai noté des choses dans ton rapport dont j’aimerais te faire part, aimerais-tu qu’on en parle?»

 

IDÉALEMENT, on doit avant tout forger des cultures d’entreprise où on peut se montrer vulnérable, humain et donner le droit à l’erreur. Bien qu’on sente de plus en plus un vent de changement sur ce plan, il reste que plusieurs organisations misent d’abord et avant tout sur les objectifs, la performance, les résultats, le dévouement, etc. Ça laisse moins d’espace à des dialogues ouverts.


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On préférerait prendre une pause de temps en temps. On resterait moins souvent éveillés la nuit à regarder le petit hamster courir dans la roulette fixée à l’intérieur de nos têtes.

 

 

Mais c’est comme ça à la flèche : on a TOUT LE TEMPS de nouvelles idées.

Comme celle qu’a eue David de transformer notre infolettre en une sorte de courrier du cœur, mais pour le travail.

La chronique de recommandations (advice column) est fort répandue dans la culture médiatique anglophone. Ici, c’est assez rare. Et pourtant, Krishna sait si nous avons besoin de conseils fiables.

Dans ce monde d’avis personnels non réclamés tapissés sur Facebook, de conférenciers ineptes, d’information douteuse en ligne et d’indigestes publications LinkedIn qui distillent le lent poison qu’est le jargon technewage (oui, on pense bien qu’on vient de créer un néologisme), il est temps d’avoir du solide à se mettre sous la dent.

Tous les mois, donc, voire plus souvent si vous en avez envie, nous demanderons à des experts – des vrais – de répondre à vos interrogations – et aux nôtres – sur la vie et le travail. Parce que le boulot, ça s’arrête rarement quand on se lève de derrière son bureau. Stress, impôts, cash flow, y a pas de mauvais sujet.

On veut savoir ce qui vous intéresse, vous horripile, vous attire, vous chicote. Que vous soyez boss ou employé, cadre ou pigiste, écrivez-nous à [email protected] pour nous soumettre vos questions.

Ceci dit, on n’avait pas non plus envie de laisser tomber nos suggestions de lectures. Ni d’arrêter de vous donner des nouvelles de nous ou de vous faire partager nos réflexions sur les technos et le boulot. On le fera encore, mais en alternance avec cette nouvelle patente qu’on démarre. Le tout se voit donc rebaptisé. Dès le prochain envoi, vous ferez connaissance avec Vie de bureau.

En attendant, écrivez-nous!

L’équipe de la flèche

 

Culte de l’image

Le World Press Photo a dévoilé cette semaine ses finalistes de 2020. Le fameux concours annuel qui reconnaît et célèbre le meilleur du journalisme visuel produit au cours de la dernière année annoncera les lauréats le 16 avril prochain, lors d’une cérémonie à Amsterdam. En attendant, les clichés en nomination – certains assez troublants – sont visibles ici.

 

 

Propager le virus

L’équipe des Décrypteurs d’ICI Radio-Canada s’est intéressée récemment au cas de la désinformation en contexte d’épidémie. Sans surprise, on apprend comment le partage de fausses nouvelles au sujet des maladies peut contribuer à en accélérer la propagation, et à quel point le fait de respecter 2 ou 3 règles de base avant de diffuser peut être crucial.

 

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