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Comment stimuler sa créativité en temps de crise, prise 2


Question :

Les témoignages en matière de panne créative abondent depuis le début de la pandémie. À jouer au prof, au parent et au professionnel tout à la fois, on s’essouffle, forcément. Dans le deuxième de cette série de trois textes qui abordent le sujet, nous tentons de répondre à une question qui en travaille plus d’un.e parmi vous :

 

Comment fait-on pour demeurer créatif en ces temps bien étranges?


Réponse:

 

 

Pierre-Yves Lord y parvient. Producteur, animateur, il s’amuse depuis son sous-sol lors de séances de DJing qu’il diffuse sur Instagram et anime pour TV5 une série télévisuelle où il discute de la situation actuelle, ailleurs dans le monde, avec des expatriés canadiens.

Il nous dévoile ses trucs, et nous explique comment il tente de tirer profit de chaque situation.

 

«J’ai tout le temps des idées. Plein. Mais dans le flux de la vie normale, j’ai de la difficulté à les asseoir. J’ai des tiroirs remplis de carnets, d’idées de films, de livres. J’ai pris quelques projets là-dedans et j’essaie de les mener à terme.

 

Je m’oblige à faire les choses. Par exemple, mes séances de DJing en direct sur Instagram : ça faisait longtemps que je voulais travailler le côté performatif, la technique. Je voulais m’améliorer. En donnant rendez-vous aux gens en ligne, ça m’oblige à le faire, et surtout à donner le meilleur de moi-même. Je me mets carrément en danger. Tout seul dans mon sous-sol, je ne me sentirais pas au bord du précipice comme en ce moment. Je ne le ferais peut-être même pas. Là, je m’y suis contraint.

 

C’est sûr qu’avec les enfants, la concentration est parfois difficile. Il y a des journées où ça se passe mieux que d’autres. Et puis, quand je suis concentré à travailler sur l’ordi, je culpabilise parce que je sais qu’ils en profitent pour se scotcher aux écrans et vider le sac de chips. Donc, le plus possible, j’essaie de les inclure dans ce que je fais. Avec la musique, c’est plus facile. Ce qu’ils prennent pour une séance de danse collective est en fait de la recherche pour moi.

 

L’autre chose qui fait une différence, c’est l’endroit où je travaille.

 

Il y a environ un an, j’ai lu Creative Quest, de Questlove [NDLR : l’extraordinaire batteur du groupe The Roots] et ça a mis du gaz sur la flamme de ma créativité. Ça m’a mis dans un mood d’amour de l’art, d’œuvres belles et inspirantes. Dans la foulée, j’ai aménagé mon espace pour m’entourer de choses dont la vue me stimule. Des objets (des livres, des bibelots, parfois c’est aussi niaiseux que de la vaisselle que je trouve belle) qui forment un petit musée, et qui me donnent envie de me retrouver là.

 

Même chose dans mon studio : j’ai arrangé l’éclairage pour avoir l’impression d’être dans un lounge, que ce soit invitant, agréable, vivifiant.

 

Je travaille mon environnement pour qu’il me donne envie de créer.»


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