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Comment stimuler sa créativité en temps de crise


Question :

Demeurer créatif en temps de crise est problématique.

 

Notre imaginaire est pris d’assaut, sans cesse bridé par une réalité qui dépasse la fiction, l’obligation de travailler dans un contexte inédit ou simplement inapproprié, et parfois avec des enfants (ce qui nécessite de jouer les rôles de travailleur, de parent et de professeur en même temps). Ajoutons au lot des préoccupations débilitantes les contrecoups financiers et relationnels, ainsi que l’incertitude générale qui plane et génère un stress incompatible avec la création.

 

Dans cette série de trois infolettres, nous avons donc demandé à un auteur (Samuel Archibald), un producteur et animateur (Pierre-Yves Lord) et la cofondatrice d’une école de créativité (Hélène Godin, de la Factry) :


Réponse:

 

Samuel Archibald est auteur. On lui doit entre autres le recueil de nouvelles Arvida (Prix des libraires 2012), l’excellent essai Le sel de la terre, et il coécrit la websérie d’épouvante Terreur 404. Dans une récente entrevue, il disait travailler, en ce moment, à plusieurs projets en même temps. Ce qui nous a surpris, vu le contexte. Alors nous lui avons demandé : comment fait-il?

«Je travaille beaucoup à la maison, je suis anxieux et j’ai un déficit d’attention : les défis du confinement ressemblent beaucoup à ceux de mon quotidien. Donc pour une fois, ce qui est habituellement une faiblesse chez moi devient une force. Je suis habitué à “dealer” avec ces éléments-là et j’ai développé des trucs, des règles.

 

1 – Le pyjama est ton ennemi. C’est un réflexe de travailleur autonome autant que de gars de bois : je me lève pis je m’habille. Si tu veux être capable de visualiser ta maison/ton appartement comme un espace de travail, promène-toi pas en robe de chambre dedans. Je ne dis pas que je suis en chemise tous les jours, mais je pense que c’est vraiment une mauvaise idée de se laisser emporter dans le Fifty Shades of Mou.

 

2 – Il faut confiner le travail à l’intérieur du confinement. Moi, je suis en garde partagée, donc j’essaye d’être le plus possible en mode Mary Poppins quand les enfants sont là (jouer, cuisiner, torcher), de façon à ce que l’appart soit pas mal tip top quand ils s’en vont et que je n’aie pas à obséder sur le ménage pendant que j’ai l’espace à moi. Si je ne pouvais pas faire ça, je m’arrangerais pour avoir un espace fermé dans la maison, à l’abri du reste (et surtout un lieu duquel je ne pourrais pas voir la pile de lavage).

 

3 – Protège ta bulle. C’est probablement le plus important. Pour moi, la créativité est beaucoup tributaire de comment je me sens, de mon mood et de ma concentration. Alors quand je suis “dedans”, je m’arrange pour le rester le plus longtemps possible. C’est comme prendre son erre d’aller quand tu as une longue route à faire : n’arrête surtout pas! Ni pour aller aux toilettes ni pour téléphoner. Mange du take-out, oublie l’heure qu’il est et ce que tu pourrais avoir à faire d’autre, pis pèse su’l’gaz, calvaire! T’arrêteras quand tu seras rendu.»


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