La valeur des valeurs

 

Au cours de la dernière année, j’ai complètement modifié mon rapport aux réseaux sociaux.

 

 

J’y étais très présent. Compulsif, j’allais sur Facebook-Twitter-Instagram-LinkedIn (dans cet ordre) à tout bout de champ, interrompant moi-même le flow de mes activités, mettant fin à tout flottement dans mon agenda et ma vie personnelle pour les remplir avec du temps d’écran.

Je réagissais. Je m’obstinais (souvent) et me rendais compte que je perdais un temps considérable à faire défiler des contenus qui m’étaient, au mieux, indifférents ou qui, au pire, me faisaient rager.

J’ai donc changé d’attitude et fait un immense ménage dans mon fil Facebook. Il n’y reste qu’une poignée de comptes qui m’intéressent. Quelques groupes. Dans les autres réseaux, même assainissement radical.

Puis, en voyage, j’ai retiré tous les réseaux sociaux de mon téléphone. Je ne les y ai pas remis. C’était en septembre.

À force de boulimie de contenus, on en vient à ne plus rien lire ni regarder vraiment. J’avais envie d’absorber de la substance, d’avoir le temps de lire des articles, d’écouter des vidéos, des balados. Je me suis aussi abonné à plusieurs magazines, physiques et numériques. Des chaînes YouTube. J’ai du temps pour les consulter, m’imbiber de leurs contenus : ma gestion des réseaux sociaux me fait épargner environ une heure par jour. Sinon plus encore.

Nous en sommes là : au terme de la lune de miel avec ces outils de mise en réseau qui sont chers aux individus, essentiels aux entreprises, mais dont on mesure avec de plus en plus de méfiance les effets sur la santé mentale.

Sans parler d’une abondance qui s’apparente au gavage.

Comment cela se traduit-il dans notre travail et dans notre approche avec nos clients?

En fait, ça ne change pas grand-chose. Depuis les débuts de la flèche, nous croyons que les contenus de qualité finissent par triompher. Constituer une bibliothèque de fond, créer des stratégies s’appuyant sur des contenus solides, captivants, qui parlent à l’intelligence des gens. Voilà en quoi nous croyons.

Ce qui ne veut pas non plus dire d’être toujours sérieux. Mais jamais purement racoleurs non plus.

Oh! C’est bien vrai que la séduction instantanée est payante! Mais il viendra un temps, très bientôt, où l’on interpellera sérieusement les entreprises sur leur responsabilité dans le climat social et la santé. Celle liée à l’overdose de numérique en particulier.

Celles qui feront preuve de cohérence, de transparence et d’intégrité triompheront. C’est le pari que nous faisons. Et c’est aussi avec ce genre d’entreprises que nous avons envie de travailler.

Celles auxquelles je m’abonnerais sur les réseaux sociaux, parce qu’elles enrichissent ma vie. Et pas seulement les actionnaires ou les agences comme la nôtre.

Le public le reconnaîtra. Ses préoccupations changent. Il cherche un sens à ses habitudes et perçoit bien les angoisses de l’époque. Une marque empathique reconnait cet état des lieux et agit en conséquence. Les valeurs ont une valeur, après tout.

 

David Desjardins, cofondateur, stratège et rédacteur en chef

 

Abonné absent

D’ailleurs, depuis le premier février, Matthieu Dugal, animateur de l’émission Moteur de recherche, à Radio-Canada, « tente l’expérience du minimalisme numérique ». Coupé des réseaux sociaux pendant un mois, celui qui vient de publier l’ouvrage WIKI, GIF & LSD documente et commente abondamment son expérience sur plusieurs tribunes. Ses constats de la première semaine sont intéressants, tant pour les réflexions du protagoniste que pour les réactions, nombreuses, de ceux qui le suivent.

 

 

Tik Tok : un tic?

Lancée en 2016, l’application Tik Tok est pratiquement devenue un incontournable avec son milliard d’usagers à ce jour. La plateforme, dont les publications consistent en de courts clips de 15 secondes, transformera-t-elle la façon de composer la musique? Quand on pense que la chanson Uno du jeune rappeur Ambjaay a été reprise dans plus de 2,5 millions de publications, il y a de quoi se poser la question. Assistera-t-on à la prolifération de chansons préformatées pour Tik Tok? La Presse s’est penchée sur l’affaire ici.

 

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