L’homo numericus, plus homme que machine

À propos de lhumain et du numérique, de lentreprise et du collaboratif, de la philosophie du virtuel et du Minitel.

Enfants, lorsque nous imaginions le futur, il était forcément technologique. Les voitures voleraient, nous aurions des puces connectées sur le corps, les machines feraient tout à notre place et finalement, les robots prendraient le contrôle. C’était fascinant et un brin orwellien. Trente ans plus tard, il semblerait que nous n’avions pas totalement tort, à une exception près : le numérique, nouvel eldorado technologique, n’est rien sans les humains qui le composent.

Grandir à l’ère technologique

J’ai 38 ans et ai toujours été «de mon temps». Depuis ma première adresse Caramail au secondaire jusqu’à ma découverte des eBooks sur iPad1, en passant par ma vie sociale sur ICQ et ma première job stable avec le tout nouveau iPhone, je suis une pseudo-geek. Et je ne vous parle même pas de mes premiers émois sur les messageries du Minitel (seuls les vrais comprendront). Bref, je suis ouvertement connectée et en recherche permanente d’équilibre.

À en écouter certains cependant, Internet et tout ce qui l’entoure auraient signé l’arrêt de mort des relations humaines. Les ordinateurs nous voleraient de précieuses heures de «vraie vie», les téléphones intelligents décérébreraient nos jeunes, l’objectivité médiatique serait condamnée à mort sur l’autel des bien-pensants du Web, la pensée critique serait anéantie par le vide abyssal des réseaux sociaux. N’en jetez plus, la coupe des détracteurs du numérique est pleine depuis longtemps.

Le numérique comme paradigme

Sauf que. Je n’ai pour ma part jamais envisagé le numérique comme un simple dispositif technologique. Inspirée de Marcello Vitali-Rosati, philosophe italien du virtuel et de l’identité numérique, je considère bien plus que le numérique est l’espace dans lequel nous vivons. Il ne s’agit plus d’un outil au service des pratiques anciennes, mais «d’un environnement nouveau dans lequel nous sommes plongés, qui détermine et façonne notre monde et notre culture», explique-t-il dans son ouvrage Pour une définition du «numérique». Il ne peut pas être uniquement considéré comme une manière plus rapide de faire la même chose que ce que nous faisions avant; il sous-tend une modification profonde de nos pratiques et de leur sens.

Réduire le numérique aux écrans bleus qui nous obnubilent n’est pas seulement simpliste, c’est également faux. Le numérique modifie radicalement notre façon de fonctionner et amène un changement de paradigme bien plus vaste et excitant qu’il n’y paraît. Le numérique est collaboratif, communautaire, agile (amis informaticiens, bonjour!) et polyvalent. Il demande de repenser complètement nos structures et, par extension, nos relations interpersonnelles. Il bouscule notre vision du monde, modifie notre rapport au temps, à l’espace, à la connaissance. Nous ne sommes pas assujettis au numérique : nous l’avons créé parce que nous évoluons, et nous évoluons grâce à sa création.

La transformation de l’entreprise

L’entreprise en est par le fait même métamorphosée. Slack a rendu la hiérarchie plus horizontale en créant des canaux de communication interne transparents et multilatéraux, Google Drive oblige les équipes à collaborer étroitement, Airtable ne peut fonctionner efficacement sans la participation de tous, les plateformes nuagiques immatérialisent notre mémoire collective en la rendant accessible au plus grand nombre, Skype permet de communiquer avec l’autre bout du monde et facilite la conciliation travail-famille, les réseaux sociaux, blogues et autres plateformes créent un espace d’échange direct avec la clientèle.

D’un autre côté, les salles de réunion sont envahies de Post-it, les retraites de cocréation se multiplient, les espaces de coworking sont légion et le design thinking a la cote. Quel rapport, me demanderez-vous? Tout. Parce qu’en étant de plus en plus ancrées dans un mode collaboratif, les équipes sont totalement numériques : elles sont connectées, au propre comme au figuré. Bref, nous coopérons, interagissons, cocréons et innovons comme jamais auparavant.

Les organisations doivent revoir leurs manières de faire et s’ouvrir à de nouveaux modes collaboratifs et communicationnels. Parce que l’humain, dans toute son intelligence, son besoin de vivre en collectivité, sa volonté de faire ce qui est le mieux, est capable de très grandes choses à travers ce nouveau paradigme. Bien sûr, des questions éthiques se posent par rapport aux géants du Web, et nous devons nous y attaquer de front. Mais il n’en demeure pas moins que si l’entreprise embrasse à bras-le-corps ces nouvelles méthodes de travail en restant centrée sur l’humain (qu’il soit employé, collaborateur ou utilisateur), elle s’apercevra rapidement que ce sont ceux qui la composent qui font une vraie différence. Parce que l’homo numericus, lui, ne sera jamais binaire.

J’en parlais récemment : je ne suis pas utopiste, je suis «protopiste». Au point de croire que collectivement, la culture numérique pourrait nous permettre de construire un monde meilleur. Et ça tombe bien, chez La Flèche, nous sommes une belle bande d’humains derrière nos écrans, qui avons à cœur de vous aider à créer toujours plus de liens avec votre communauté. À votre manière, à votre image, selon les canaux qui seront les plus pertinents pour votre projet. Contactez-nous, on aime ça, le vrai monde!

Amandine, responsable du développement des affaires et chargée de projet

GAFA +tx

Tandis que les principaux ministres des Finances du G20 réunis au Japon admettent l’urgence d’agir pour réformer la taxation des géants du numérique, comme les Google et Facebook de ce monde, la méthode pour y parvenir semble loin de faire consensus.

 

 

L’aventure à l’état pur

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