Nos Favoris du 24 mai

Deux fois par mois, nous demandons aux membres de l’équipe de La Flèche de nous parler de ce qui les branche. Cela peut faire partie de l’actualité, ou pas. Mais le thème doit les passionner au point qu’ils ont envie de vous faire partager ce qu’ils ont lu, vu ou entendu sur le sujet, et qui vous permettra de mieux comprendre l’objet de leur fascination du moment.

Quand une légende vivante meurt

Philip Roth était magnifique. Satiriste délirant, moraliste abonné au scandale (souvent sexuel), l’auteur américain aura été parfait jusqu’à la fin, déposant sa plume en 2012, à la manière d’un boxeur qui accroche ses gants, estimant qu’il a mené tous les combats qu’il avait dans le ventre. Voilà qu’il meurt six ans plus tard. 

«J’ai eu autant de plaisir à lire La tache que La contrevie ou Le sein, dit le cofondateur de La Flèche, David Desjardins. J’admirais l’intelligence de Roth, sa capacité à sonder l’âme de son pays en déployant une histoire riche, plantée dans un paysage à la fois physique et idéologique. C’est un des plus fidèles témoins (et critiques) de l’évolution des mœurs américaines qui vient de mourir.»

Pour mieux cerner le personnage, cet article du New Yorker comporte de nombreux liens vers des essais, articles et entrevues. Dans une vidéo réalisée pour France Culture, la lauréate du Goncourt 2016, Leïla Slimani, témoigne avec éloquence de sa fascination pour le roman La tache.

Libération publie aussi une série d’extraits d’entrevues qui permettent de très bien cerner le personnage. Mais le meilleur texte est ce récit en forme d’hommage rendu par l’écrivaine Zadie Smith, qui rappelle que Roth n’avait peur de rien et savait exploiter la laideur qu’il avait en lui, et qui est en (presque) chacun de nous.


Les coulisses de l’art

Notre nouvelle recrue à la coordination et au développement des affaires, Amandine Gauthier, nous arrive du monde du théâtre. Elle est donc sensible aux moyens de communication qu’empruntent les institutions culturelles, de même qu’aux récits qui nous permettent de mieux saisir l’ampleur du travail effectué dans l’ombre pour que le public puisse profiter d’une œuvre.

«C’est pour ça que j’adore la nouvelle websérie du Musée national des beaux-arts du Québec, explique-t-elle. Il s’agit de capsules captivantes qui nous invitent dans l’univers totalement méconnu de la restauration d’œuvres d’art. Ça nous permet d’entrer dans les coulisses d’un musée plus grand que nature, ce qui est autrement impossible, et de découvrir un métier fascinant dont on ne soupçonne pas tous les rouages.»


Une terreur prénommée Kim

La Corée du Nord nous fascine : voilà un régime autoritaire qui, malgré ses énormes lacunes et une économie vacillante, parvient à faire trembler le monde – il n’y a pas si longtemps, on parlait de la possibilité d’attaques nucléaires en provenance de Pyongyang.

«Les portraits qu’on fait du leader de la Corée du Nord sont rarement très substantiels, déplore notre concepteur-rédacteur et chargé de projet, Louis-Philippe Boulianne. Mais voilà qu’enfin, on nous offre un portrait de grande qualité, réalisé par un journaliste qui a lui-même été emprisonné et interrogé par le régime.»

Le reportage que publie la BBC autour de l’article est particulièrement réussi sur la forme (qui se déroule, fait apparaître des détails, des photos au fil de la navigation), relatant sur le fond l’histoire du pays, de ses chefs. Et surtout comment Kim Jong-un est devenu le favori de son père pour lui succéder. «Parce qu’il était le plus méchant et le plus retors de ses fils.» 

«On est finalement plus près du Prince de Machiavel que du vilain caricatural des comédies d’espionnage», constate Louis-Philippe.


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