Quelques raisons d’aimer les balados

Entre l’hôtel Alt de Griffintown où je loge et le café La Finca, rue De Bleury, il y a près de deux kilomètres. Des flocons glacés tombent sur Montréal et dans mes oreilles, tandis que je marche vers mon rendez-vous.

Je passe 20 minutes à écouter la chaude voix du fils de Leonard Cohen, Adam, qui discute de son père avec le légendaire producteur Rick Rubin dans le plus récent épisode du balado Broken Record.

L’album posthume du barde de l’amour et de l’apocalypse va paraître le 22. Les deux hommes détaillent le processus de création auquel le fils a activement participé, comme il l’avait fait pour le précédent You Want It Darker. Confidences sur le père, le personnage, le mythe. Je marche dans la ville de Cohen en ayant le sentiment d’obtenir un accès privilégié à l’intimité de ce génie. Non seulement par la nature des révélations qui sont faites ici, mais aussi par les silences, laissés au montage. La proximité des voix, les intonations, les éclats de rire et les moments de gravité sont livrés à l’état pur, sans le filtre de l’écriture.

C’est une des choses que j’aime le plus des balados. Cette impression d’entrer dans la bulle de celles et ceux qui les produisent ou y participent.

Je m’abonne à des séries. J’écoute des émissions de radio en différé qui sont automatiquement téléchargées dans mon téléphone. Mes déplacements sont devenus l’occasion de m’abreuver de contenus de qualité, parfois grand public, d’autres fois hyper nichés. Dans le bus, en train, en auto, à pied, en réparant mon vélo ou en passant la balayeuse, je troque de plus en plus souvent la musique pour le balado.

Je ne suis certainement pas seul.

Uniquement sur l’application d’Apple réservée au média, on trouvait 750 000 balados différents en juin dernier (totalisant 18,5 millions d’épisodes mis en ligne). Une augmentation de 50 % en un an.

Mieux encore, on sait que les auditeurs de balados sont fidèles, que 80 % d’entre eux écoutent les épisodes en entier ou presque. Et donc qu’il s’agit d’occasions de rêve pour rejoindre les auditeurs, d’autant que chez nous, au Québec, la place est encore à prendre dans plusieurs domaines, une occasion pour les marques et les médias de saisir leur bout de terrain dans le marché.

Les marques aussi? Certainement. Elles peuvent commanditer des émissions existantes ou alors démarrer leur propre programmation. Il peut s’agir de projets succincts, de séries au long cours. Une entreprise peut même en produire à l’intention de ses employés pour communiquer et partager des histoires internes qui contribuent à améliorer l’expérience employé comme la marque employeur, ce qui participe à la rétention et à l’embauche.

À la flèche, nous avons le bonheur de produire des balados. Parmi ceux-ci, Radio Bidon est le fruit de la passion commune qu’entretiennent les fondateurs et quelques amis pour le cyclisme. Ses épisodes ont été écoutés 30 000 fois, sans grand effort de promotion, par un public extrêmement niché qui s’intéresse au volet professionnel du sport. Notre autre grande réussite est le balado Chambre 1626, produit pour le Festival d’été de Québec l’an dernier, et récipiendaire d’un prix Créa. Ici, l’animatrice Geneviève Borne discute de création avec des artistes lors de leur passage au Festival, permettant aux amateurs d’établir un lien fort avec l’événement, puisque ce dernier leur permet d’entrer dans la tête des artistes dont ils admirent l’œuvre.

Au Québec, la radio est encore puissante. Mais le balado poursuit son efficace percée, si bien que des géants comme Radio-Canada et Québecor s’y sont mis aussi. Et pas un peu.

Parce que les balados permettent de créer des communautés d’intérêts, leur format en est un de proximité, et si certaines productions jouissent de budgets faramineux qui en font des œuvres médiatiques de haut vol, il est aussi possible d’en produire avec les moyens du bord, sans grand investissement, et de démarrer une conversation avec des gens qui partagent nos goûts, nos buts, nos envies. Et puis ce sont d’admirables cartes de visite qui permettent d’asseoir son autorité sur un sujet à peu de frais.

Avec le balado, on a le sentiment d’intégrer une conversation. On apprend. On découvre. On s’amuse. N’attendez pas pour lancer le vôtre. La demande est là. Et elle ne fait que grandir.

David Desjardins, cofondateur, stratège et rédacteur en chef

L’art de l’audiorétroaction

Fans de balados ou néophytes en la matière, il vous est déjà venu l’envie de donner vos commentaires à des créateurs de balados, mais vous ne savez pas comment vous y prendre? Grâce à l’équipe du studio Grand Public, on a découvert cet article (en anglais), provenant des experts en balados Pacific Content. Pertinent et instructif. Suivez le guide!

 

 

Oh! Plus de balados!

Radio-Canada lançait récemment une application d’écoute toute neuve. OHdio regroupe à la même enseigne musique, émissions de radio, livres audio et balados, avec la possibilité de se créer un profil personnalisé. Avec cette nouvelle appli facile à utiliser, le diffuseur public souhaite simplifier la vie des auditrices et auditeurs. C’est réussi.

 

 

 

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