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Ultra ringarde solitude

«En ce moment, la chose la plus importante que nous souhaitons faire, c’est rassembler les gens.»

 – Mark Zuckerberg, dans son allocution intitulée «Bringing the world together», juin 2017

 

 

Nous n’avons jamais été aussi connectés, et pourtant nous n’avons peut-être jamais été aussi divisés. Nous n’avons probablement jamais été aussi seuls, non plus.

Un sondage de YouGov mené en juillet auprès de milliers d’Américains conclut que les millénariaux constitueraient la génération qui souffre le plus de solitude.

Toujours en réseau, des milliers d’«amis» au bout des doigts. Never alone, but still lonely, dirait-on en anglais. 22 % d’entre eux disent n’avoir aucun véritable ami.

Avec ou sans réels copains, les plateformes sociales nous font évoluer en silos, cultivant des réseaux qui nous confortent dans nos positions. Ou alors nous y agissons en trolls, provoquant les individus dont les opinions exprimées en ligne s’opposent à nos convictions. La plupart d’entre nous se contentent de regarder le spectacle. Parfois amusés. Souvent médusés.

J’avoue que, pour ma part, je ne sais plus trop quoi en penser.

D’un point de vue personnel, mon intérêt pour la plupart des réseaux sociaux s’est étiolé au-delà du point de non-retour, et ils me servent désormais essentiellement d’outils de communication. Dans le lot, c’est encore Instagram que je préfère : comme je n’envie pas la vie des autres, puisque je suis pleinement satisfait de la mienne, je m’y promène comme on entame des morceaux de conversations dans un 5 à 7. C’est banal, convivial et sympathique. Mais je comprends que, pour plusieurs, ça peut aussi donner l’impression d’aller à son conventum de secondaire et de constater que, pendant que le reste du monde prenait le train d’une vie – en apparence – riche et enivrante, on faisait une sieste sur le banc de la gare.

 

Les marques aussi sont un peu perdues

Pour les entreprises, c’est une autre paire de manches. Elles n’ont pas le choix d’y être, et doivent se battre pour obtenir l’attention d’un auditoire fortement courtisé dans un redoutable mélange de créativité et d’argent. Mais la lassitude que je ressens, je ne suis pas seul à la vivre. Et le sentiment de solitude que viennent traîner les gens en ligne, ou la violence avec laquelle ils doivent composer lorsqu’ils sont agressés par des trolls, voilà qui n’est pas non plus anecdotique. Et les marques n’y échappent pas.

Les responsables de communautés en ligne vivent cela constamment. Avec en plus le fardeau de devoir protéger la marque. Je parle à plusieurs clients, à des gestionnaires de tous niveaux et dans plusieurs types d’entreprises : je constate que, en majorité, ils ignorent de plus en plus comment tirer leur épingle du jeu.

Ils pourraient faire comme je l’ai déjà suggéré ici, et investir dans les médias traditionnels. Mais ils ne peuvent pas non plus tourner le dos aux plateformes en ligne.

 

L’empathie n’est pas qu’un «pitch» de vente

C’est pour cela que je suis plus convaincu que jamais que les marques qui vont réussir à réellement cultiver une relation viable et mutuellement profitable avec le public sont celles qui sont prêtes à investir dans les humains, et pas seulement en essayant de toujours convertir, faire une vente, afficher un profit.

L’empathie est peut-être un concept qui paraît creux, voire la factice fabrication d’experts en marketing, mais c’est sans doute cette valeur vers laquelle nous devrions, comme individus et communicateurs, tendre avec le plus d’ardeur.

Comme la fibre environnementale est en train de gagner du terrain et de forcer les gens comme les marques à changer leurs manières de faire (les politiciens aussi, si on se fie à la présente campagne électorale), notre rapport aux autres, notre désir d’aider, d’écouter, de comprendre et de mettre fin au cycle de solitude engendré par nos vies sociales en ligne est autant une occasion d’affaires qu’un geste de citoyen corporatif responsable.

Les entreprises cherchent quoi faire en ligne et sur les réseaux sociaux? Il est temps qu’elles créent des communautés qui ont autre chose en commun que le désir plus ou moins latent d’acheter leurs produits ou de bénéficier d’un rabais.

Contrairement à ce que prétend Mark Zuckerberg, Facebook ne met pas les gens en réseau. Vous le faites. Et ni Instagram, ni LinkedIn, ni Twitter, ni Twitch ou Reddit ne sont des communautés. Ce ne sont que des espaces virtuels de rencontre. À nous de les rendre plus humains, d’y créer des occasions de mise en réseau réelles, porteuses de sens, qui allument les individus et leur permettent d’entrer en contact avec des gens qui partagent leurs intérêts, leurs goûts, leurs passions.

Après l’environnement, le prochain défi des entreprises qui souhaitent mieux faire que de plaire à leurs investisseurs à chaque trimestre est là : contribuer à retisser la fibre sociale.

David Desjardins, cofondateur, stratège et rédacteur en chef à La Flèche

Twitter, nuancer

La campagne électorale suit son cours sans trop d’éclat ni de surprises. Comme c’est souvent le cas, les médias sociaux sont le théâtre d’insultes entre internautes. Voici quand même un meilleur exemple d’utilisation de Twitter, alors que le journaliste spécialisé en environnement à Radio-Canada, Étienne Leblanc, rectifie certains propos que Maxime Bernier a tenus lors d’une entrevue avec Céline Galipeau.

 

 

Récit d’un fiasco

WeWork, la licorne du coworking, est en chute libre. Évaluée à 48 milliards de dollars au début du mois d’août, l’entreprise a depuis perdu près de 70 % de sa valeur. Business Insider nous propose le captivant récit d’une introduction en Bourse qui déraille royalement et des excentricités de son fondateur, dont la vision a été rendue floue par les shooters de tequila de luxe.

 

 

 

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