UX, UI, Web pour tous et autres promesses de l’Internet

Un site Web à l’information parcellaire, un processus d’identification anxiogène, un robot un peu nono, de l’ergonomie numérique et une lecture qui rachète tout. Voici le récit d’une semaine rocambolesque dans les montagnes russes du Web.

 

 

Lundi 25 mars

Je reçois un courriel d’une entreprise d’organisation événementielle réputée. Elle m’annonce l’ouverture des inscriptions à une course de vélo que j’affectionne particulièrement. Soucieux de bénéficier du meilleur tarif, je clique sur le lien vers leur site Web. J’y trouve un espace qui a visiblement été réfléchi par des experts de l’image. C’est beau, léché, tendance. J’y repère aussi facilement les détails sur les tarifs, les catégories, les statistiques de la course et un alléchant bouton d’appel à l’action «INSCRIVEZ-VOUS».

 

Ce que j’ai de la misère à trouver comme info, par contre, c’est la date de la course. Petit détail…

 

Mardi 26 mars

Je suis sur le site de l’Agence du revenu du Canada pour accéder à «Mon dossier d’entreprise». Le service d’authentification est fourni par une tierce partie, et on me demande les infos de connexion de mon institution bancaire pour accéder au système. Je ne suis pas très à l’aise de partager ces infos, mais j’ai le vague souvenir d’avoir procédé de cette façon l’an dernier. On me demande ensuite de m’identifier avec mon NAS (pas très à l’aise ici non plus), et j’apprends finalement que notre accès est verrouillé. Puisque je n’ai pas deux heures devant moi pour attendre au téléphone, je choisis de payer notre dû via notre institution bancaire. Je dois d’abord créer le fournisseur dans le système; j’entre donc les mots Revenu Canada dans l’outil de recherche.

 

On me propose alors une liste de 228 fournisseurs potentiels.

 

À ce moment, j’ai vraiment failli nous ouvrir un compte aux îles Caïman. Ce serait certainement plus facile que de payer nos impôts d’entreprise.

 

Mercredi 27 mars

Il est 9 h, toute l’équipe est là. J’ai embauché un formateur pour venir nous faire une présentation de certains produits de la G Suite que nous exploitons mal, ou carrément pas du tout. Plusieurs fois au cours de la présentation, Fabrice de Cloud Lion nous parle d’épargner des clics, ou des allers-retours avec la souris. De simples manipulations ou raccourcis facilement programmables dans les apps nous permettent des économies substantielles de «temps de souris». De l’ergonomie numérique, en quelque sorte!

 

Tout cela me fait réfléchir. Combien de clics effectuons-nous dans une semaine? Combien de kilomètres notre curseur parcourt-il à coups de 5 cm à gauche, 8 cm à droite? Et surtout, combien de ces gestes sont vraiment essentiels?

 

Jeudi 28 mars

La comptable souhaite fermer notre premier trimestre de 2019 et elle attend que je lui envoie mon rapport de dépenses. J’aimerais télécharger mes factures de cellulaire, mais le site du fournisseur est planté. En bas à gauche de l’écran, on me propose le clavardage en direct. D’un seul clic, j’aboutis sur Messenger, et je vous jure qu’à ce moment précis je me suis dit que ça allait être rapide et efficace. Bonjour, je suis votre assistant virtuel. Posez-moi des questions courtes et simples, me dit la machine.

 

Misère, j’ai vraiment cru une seconde que quelqu’un allait me répondre. Non seulement je me sens con, mais je sais maintenant que je perds mon temps. Je tente tout de même un : Incapable de télécharger mes factures. La réponse ne se fait pas attendre : Pouvez-vous reformuler votre question? me demande le bot avant d’ajouter : Si vous préférez, cliquez sur Parler à un agent pour qu’un humain prenne la relève.

 

Je me demande si j’aurais été mieux compris en formulant quelque chose comme : Acheter nouveau iPhone?

 

Vendredi 29 mars

Une relation LinkedIn publie ce texte intitulé L’état du Web en 2019 : vers un Web pour tous!

 

En cinq petites minutes de lecture, ma difficile semaine numérique est rachetée. Je ne suis pas seul à trouver Internet parfois pénible. Je ne suis pas seul à me demander pourquoi, en 2019, il est souvent si complexe d’accéder à de l’information pourtant si simple.

 

Ce que ce texte dépeint, c’est le Web que je veux. C’est le Web qu’on nous a promis depuis ses débuts et qu’on mérite tous. C’est celui auquel j’ai le goût de collaborer, avec la flèche.

 

Il semble que certains n’ont pas oublié ce bel idéal et proposent même d’y travailler ardemment. Tout ça me donne hâte à lundi.

 

Emmanuel

Cofondateur, stratège et responsable de l’administration

 

Envie de ventiler vos frustrations numériques ou de simplement échanger sur le sujet? Écrivez-moi. Promis, ce ne sera pas un robot qui vous répondra.

 

 

À dos de souris

Pour répondre à certaines questions posées plus haut, cette appli existe : le Mousotron calcule la distance parcourue par notre souris. On peut notamment savoir quel document a le plus fait voyager notre main pendant la semaine. Qui sait, un jour, il existera peut-être des compensations au kilométrage pour les distances excédentaires?

 

 

 

Séduction robotisée

Dans la catégorie «Discussion avec un robot», on estime que dès 2020, la part de recherche vocale représentera 50 % des recherches globales sur Internet. Comment optimiser les chances que le moteur de recherche propose notre site Web en premier dans ses résultats? Plusieurs articles se penchent sur cette intéressante question.

 

 


 

Abonnez-vous